Michel Tranchet

Vous trouverez en fouillant dans les pages de ce site pas mal d'informations sur moi. Au risque de me répéter mais tout en essayant d'organiser ces infos vous trouverez ci-dessous des détails plus personnels qui s'articulent autour de mes différents parcours humain et musical ainsi que mes guitares.


haut de page Parcours humain

Né en 1966 à Tours (Indre-et-Loire / France), je suis le 3e d'une famille de cinq enfants. J'ai 2 frères plus âgés (Jean-Marie et Eric) et 2 sœurs plus jeunes (Isa et Marie). Mes parents, Léon et Nicole étaient respectivement électricien et couturière avant de prendre récemment leur retraite entre ma ville natale et une maison de campagne en Vendée.
J'ai grandi à Ballan-Miré une petite ville de 6000 habitants à quelques km de Tours où j'ai fait toute mon école primaire. Collège à Joué-lès-Tours non loin de Ballan-Miré. En classe J'étais un "bon moyen", je passais dans ma famille pour "l'intellectuel", toujours le nez dans les bouquins. Au collège, c'est Xavier qui fut un de mes meilleurs amis, et nous fîmes un bon bout de chemin ensembles au travers de deux passions communes : le modélisme et la musique.
Au moment de l'orientation en fin de troisième, ma passion pour les maquettes et l'erreur d'aiguillage d'une professeure principale peu versée dans le détail des filières techniques, me conduisent à passer un concours pour entrer à l'École du Livre à Paris (Ecole Estienne). Pas trop regardante apparemment, cette école m'accueillait à la rentrée suivante. Je me retrouvais parisien à 14 ans dans une école fréquentée par une foule de fils et filles d'imprimeurs. Mal renseigné je compris un an après que j'apprendrais là le métier d'imprimeur. Complètement effarouché par la Capitale, je mis là aussi près d'un an à affronter cette ville effrayante. J'ai passé 4 ans dans cette école où je me suis fait quatre amis durables, bien que quasiment perdu de vue maintenant (Christophe, Christophe, Fred et Didier), j'ai appris la photocomposition (métier disparu maintenant) et la fabrication (Devis et suivi de la chaine graphique).
Effarouché (encore une fois et ce n'est pas la dernière) par la perspective d'entrer dans un monde du travail peu accueillant en 1984, je m'étais piqué de devenir enseignant - instituteur plus précisément. Je dus donc laisser la filière technique pour aller à l'université. Refusé par la Sorbonne qui apparemment voyait d'un drôle d'œil mon parcours technique initial. Je m'inscrivis dans une fac moins délicate : Saint-Denis alias "Paris VIII anciennement Vincennes" - ça se disait encore beaucoup à l'époque. Très déçu par les profs de Socio, j'abandonnais mon projet initial - inspiré par des lectures de Franck Herbert - de suivre cette filière et me tournais vers l'Histoire. A la fin de mon Deug, mes parents me rappelèrent qu'il fallait que je me trouve un job pour prendre part au coût élevé que nous représentions, moi, mes frères et mes soeurs pour eux.
J'ai bien cherché à être surveillant dans des collèges de la banlieue sud (nous habitions Bagneux à l'époque) mais mon parcours technique ne me facilitat pas la tâche. J'essayai de travailler comme monteur papier à temps partiel dans un journal d'annonces gratuit. Guère mieux que surveillant et je n'avais plus le temps de continuer mes études. J'abandonnai au bout de 3 jours et je retournais à l'École Estienne qui disposait d'un circuit de stages et d'emplois pour ses anciens étudiants. C'est ce jour-là où je devins enseignant. Il y a avait un poste de professeur technique à pourvoir pour remplacer un des mes anciens profs arrêté pour longue maladie. Fin septembre 1987, à 21 ans à peine, je me retrouvais devant des élèves de seconde et première année de BTS. J'avais un salaire plein pour un emploi du temps de 18h hebdomadaire. L'idéal pour continuer mes études et... faire de la musique.
Après cette première année d'enseignement, l'armée française s'est intéressée à moi. Logique de la fuite oblige, car mon vague intérêt pour le treillis militaire avait vécu avec le déclin de ma passion pour les modèles réduits, j'ai cherché la possibilité de faire ce fameux service national aussi loin que possible de l'ombre du drapeau tricolore. J'avais vaguement entendu parler de la coopération et étant prof, je pus intercepter dans mon lycée une proposition de poste aux Comores, initialement destinés aux étudiants, je veillais et réussis à être le seul sur ce coup-là. Première question : "C'est où les Comores ?", un coup d'œil dans un atlas me rassura immédiatement. Des îles minuscules au beau milieu du canal du Mozambique, séparant Madagascar de l'Afrique.
Après maintes péripéties administratives, qui faisaient comprendre aux partants pour le service en coopération, que l'armée française dans son immense largesse nous accordait ce royal privilège mais nous avait à l'œil ("bande de petits sal..."), je réussis à monter dans cet avion (c'était la première fois) qui nous conduisait à Moroni, via Marseille et Nairobi. Je fis là la connaissance de Fred, avec qui je partagerai non seulement notre expérience comorienne mais aussi des projets musicaux.
Je passais 14 mois sous les cocotiers, travaillant vaguement pour le bi-mensuel national "Al Watwany". Je fus très marqué par la douceur de vivre des Comores, néanmoins lucide sur le côté étriqué de la vie insulaire. La présence des mercenaires - "la bande à Bob Dénard" - ne faisait qu'ajouter au pitoresque du tableau. Service terminé, le retour fut difficile. On m'avait gardé au chaud mon poste d'enseignant à Estienne et je reprenais doucement début de 90 ce beau métier en parallèle de ma licence d'Histoire que j'avais laissé en plan.
En 91-92 je ratais l'occasion d'officialiser mes noces avec l'Education nationale, prétextant une maîtrise, qui resta à l'état de projet, en réalité fort occupé par la préparation de mon album qui sortit fin 92. Ma carrière d'enseignant à Estienne se dégrada fortement en 92-93 : moins d'heures de cours, beaucoup de cours théoriques qui me laissaient d'autant moins de temps pour la musique. Je fus remercié par mon proviseur préféré de l'époque et malgré un lever de bouclier syndical compatissant sur mon sort de futur chômeur, j'entérinais mon départ en démissionant en août 93.
Entre temps j'avais dégoté un contrat de volontaire pour partir au Rwanda enseigner l'imprimerie dans une mission catholique. L'envie de retourner en Afrique m'avait déjà chatouillé, je ne ratais pas cette occasion et je partais en octobre 93 pour Kigali. Les événements qui suivirent ne me laissèrent guère de temps, mais je me souviens d'avoir trouvé là-bas le feu-sacré pour ce beau métier d'enseignant (il était temps !) et le couvre-feu aidant avoir eu beaucoup de temps pour jouer de la musique. Six mois plus tard, je quittais Kigali en 4x4, puis camion militaire, puis Transal de l'armée française, laissant la capitale rwandaise dans une atmosphère de boucherie. Envie de repartir pendant plusieurs mois, culpabilisant pour "avoir laissé le pays" ainsi. Je pus évacuer ce malaise en travaillant pour un groupe de presse français à la fin de l'année 94. Je naviguais entre les rédactions de Prima et Femme actuelle où je travaillais sur l'informatisation de la maquette de ces journaux. Travail initialement temporaire, on me proposa de rester dans ce grand groupe de presse, je déclinais l'offre car j'avais relancé mes candidatures pour repartir, et je pus quitter la France début 95 pour le Niger. J'avais réussi à signer un contrat de coopérant et je travaillais dans une imprimerie d'un lycée d'enseignement professionnel, le lycée Issa Béri à Niamey. De temps à autre je formais des adultes, mais mon activité principale était la production. C'était la deuxième fois que je posais le pied en Afrique de l'Ouest, ce après un bref séjour au Mali fin 90. L'austérité des paysages et du climat sahéliens me faisait dire à l'époque, que je ne m'installerai jamais au Niger. Il n'ya que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, car 7 ans après c'est du Niger que je saisis ces lignes... J'ai en effet rencontré ici l'âme sœure en la personne de Ramlatou que j'ai épousée fin 1998. C'est à la fin de cette même année que la Coopération Française en pleine phase de compression d'effectifs, mit fin à mon contrat. Ramlatou et moi dûmes quitter le Niger fraîchement mariés devant Dieu et les hommes, pour nous installer quelques temps en France. Initialement Ramlatou devait continuer ses études, et moi les reprendre.
Le destin en décida autrement et se présenta sous la forme d'une offre d'emploi pour un poste de responsable d'un atelier de mise en page à Madagascar. Je soumettais l'idée à Ramlatou et ce fut décidé en 5 minutes. Elle était quelque peu déprimée par ces mois de vie française et hivernale. Nous quittions Paris début avril 1999 pour Tananarive, pour nous faire piéger dans la galère des zones franches pendant près d'un an et demi. Boulot infernal, ville polluée et embouteillée, Ramlatou qui s'ennuyait. On quittait cet enfer en juillet 2000 en laissant quelques plumes (rupture de contrat) mais Ramlatou emportait (en elle) le plus beau des cadeaux : un bébé de l'an 2000 qui naîtra en france fin août : Anissa.
Nous avions eu le temps de peaufiner quelques projets à Madagascar (il fallait bien compenser en rêvant...) et c'est sans boulot que nous sommes venus nous installer durablement - à défaut de définitivement - au Niger où nous avions acheté une maison 2 ans plus tôt. Depuis notre retour à Niamey, Ramlatou a ouvert sa boutique, j'ai fait de la formation, de la mise en page, de la musique, des cours d'histoire-géo. Anissa grandit joliment et on s'installe progressivement dans une vie sédentaire africaine. Léo est venu fin 2002 nous rejoindre. Ramlatou et moi avons travaillé ensemble sur deux gros projets de production documentaire, qui nous ont beaucoup occupé en 2004. Nous avons vendu notre petite maison pour acheter un terrain sur lequel nous avons entamé la construction de ce qui va devenir le complexe Masaki. Le projet est ambitieux : il comporte déjà en plus de la boutique, un bar-restaurant , une dizaine de chambres. Parmi les constructions à venir : notre maison (dont les fondations sont déjà visibles) car on campe un peu depuis deux ans..., et la scène avec studio en sous-sol qui viendra compléter la terrase en gradin existante. L'activité d'hôtellerie tourne de façon prometteuse déjà depuis les Jeux de la Francophonie de décembre 2005. La famille s'est agrandie en février 2007 avec l'adoption d'une petite Alia qui est choyée par ses grand frère et grande soeur.

22 juillet 2008
Je reprends ce parcours sous forme de journal épisodique. Ceci m'évitera de reformuler à chaque fois les paragraphes précédents du présent au passé.
Alia fêtera bientôt ses deux ans et la légitimation adoptive a finalement été prononcée en appel il y a quelques mois : un grand soulagement qui permet à la chipie de siéger complètement dans notre famille d'un point de vue administratif.

haut de page Parcours musical

Enfant, je chantais tous les dimanches à l'église, je pris d'ailleurs mes premiers cours de musique auprès de Mme Aupert, l'organiste de la paroisse avec qui j'ai appris le chant, la flute, la lecture et et quelques notions d'harmonie. A quatorze ans, lorsque je m'intéressais de nouveau à la musique suite à l'écoute de groupes comme Deep Purple, il ne me restait malheureusement plus grand chose de ma formation initiale si ce n'est la justesse.
A quinze ans, influencé par Renaud, un cousin plus âgé qui jouait de la guitare, je réussis à convaincre mon père de m'accompagner à Pigalle (quartier des magasins de musique comme chacun sait...) pour m'acheter ma première guitare. J'avais cassé ma tirelire pour cela mais à ma bonne surprise, mon père m'offrit l'instrument : une guitare folk harmony que je possède toujours.
Le début des années 80 résonnait pour moi avec le hard rock de Trust. Je me souviens avoir demandé à mon pote Christophe, quel était l'instrument qui faisait toutes les intros d'AC/DC, il me répondit sans être trop sûr de lui qu'il s'agissait sans doute d'une guitare électrique. Rien de comparable avec le son de ma folk lorsque j'essayais sur une corde la mélodie d'Europa... Je compris un peu plus tard, ayant équipé ma folk d'un micro dans la rosace pour l'amplifier et ayant branché une pédale fuzz entre elle et l'ampli. J'ai encore le souvenir d'avoir touché du doigt quelque chose d'important ce jour-là (genre l'essai de l'ampli géant avec la guitare Chiquita dans "Retour vers le futur I"). Mon ambition musicale allait de paire avec la création d'un groupe qui se composa progressivement de mon frère Éric à la batterie, de Jean-luc un copain à la basse, de mon frère aîné Jean-Marie qui se destinait à l'époque à devenir notre technicien-ingénieur du son (il savait souder et la loi d'Ohm n'avait plus de secret pour lui) et de moi-même. En 1982 on attaquait donc en trio et en instrumental des reprises d'AC/DC et Iron Maiden. Daniel nous rejoignit rapidement pour prendre le micro et nous faisions notre premier concert à la salle des fêtes de Ballan-miré (Indre et Loire) pour la fête de la musique de 1984. Là-même où nous faisions les concerts annuels de l'organiste de la paroisse auparavant. En parallèle du groupe de Hard-rock en province, je m'essayais à Paris dans des styles moins saturés avec Christophe mon copain de lycée qui commençait à jouer de la trompette et on tentait des reprises des Johnny Winter, Louis Armstrong et Edith Piaf.
Le groupe de Hard-rock s'appelait Silver Seagull et nous avons fait un honorable parcours musical dans les salles des fêtes de la région tourangelle entre 1984 et 1986. Daniel le chanteur nous quittait et on recrutait cette fois une chanteuse Sandra qui jouait également de la guitare. Nous avons fait quelques concerts avec elle, toujours dans la même veine : reprises de Maiden, Electric Sun, UFO... et composition personnelles. Le groupe s'est peu à peu dissout, principalement à cause des études des uns et orientations professionnelles des autres. De mon côté à partir de 1985 j'avais commencé à écouter Prince et à redécouvrir Police au travers de la carrière solo de Sting qui commençait. Mes compositions s'en ressentaient et j'avais beaucoup de mal à caser celles-ci dans Silver Seagull. Je commençais par ailleurs à travailler avec des boîtes à rythmes, me permettant ainsi d'augmenter la rigueur dans la structure des mes compositions. Tout en continuant à jouer avec mon frère, je m'équipais d'un petit studio 4 pistes et d'un synthé avec lequel je sortais mes premières maquettes en 1986. J'étais étudiant 3 ou 4 jours par semaines à Paris, le reste du temps je revenais en province chez mes parents pour bricoler mes chansons. C'est à la même époque où je jouais avec Xavier un copain pianiste et on avait tenté de jouer dans les bars avec un répertoire moins saturé. Silver Seagull avait vécu mais nous continuions Éric et moi à jouer, Thierry à la guitare nous avait rejoint, et Frédéric un ancien copain de collège avait tenu la basse et le clavier à cette époque, sous le nom de Tohu-bohu cette fois.
En 1987 lorsque je commençais ma carrière d'enseignant, je trouvais dans mes élèves un nouveau public, mes cassettes commencèrent à circuler parmi eux. Je devenais pour eux le "prof qui joue de la guitare". Fin 88 je m'apprettais à faire mon service national aux Comores, j'emportais sur mon "île déserte" ma demi-caisse Ibanez, un petit ampli Peavey et quelques dizaines de cassettes pour survivre musicalement à l'isolement du reste du monde. Dans l'avion je faisais la connaissance de Fred, vaguement musicien, mais surtout bon bricoleur. Aux Comores, je rencontrais Ndrina, un musicien malgache exceptionnel qui était bleuffant à la guitare, à la basse et au clavier, mais son instrument disait-il était la batterie, il est vrai que je l'ai vu jouer des rythmes très complexes directement sur les touches d'une TR626 car il ne savait pas la programmer... Je rencontrais également Salim Ali Amir, Adina, les stars de la chanson comorienne de l'époque. Mon registre exotique se limitait auparavant à Touré Kunda, je découvris là-bas le twarab, la musique traditionnelle du cru, le zouk antillais et surtout la musique zaïroise. Ce n'est que plus tard que je pris conscience de la technique guitaristique mise en œuvre dans ce dernier style.
Comme je l'écris plus haut le retour des Comores fut difficile, il m'inspira d'ailleurs la chanson qui sera également le titre de mon futur et unique album à ce jour : "Doucement le matin pas trop vite l'après-midi". Je compensais ma déprime en achetant une sono, une Celebrity Ovation et mes premiers CD. J'utilisais cette guitare électro-acoustique pour animer assez régulièrement des soirées privées et un bar de Tours le "Number One". J'avais en effet ramené des Comores une idée géniale : Faire des reprises, car c'est très formateur et si vous assurez un minimum le public réagit 100 fois plus qu'avec vos propres compositions que personne ne connaît. C'est en jouant "The walk of Life" dans la salle de l'Alliance Franco-Comorienne de Moroni que j'ai compris cela. La chanson de Dire Straits avait mis le feu à la salle alors que ma meilleure composition avait évidemment laissé le public de glace. Je passais donc 90 et 91 a accumuler un bon répertoire de reprises avec lesquelles je réussis à gagner quelques sous, pour une fois la musique me rapportait au lieu de me coûter.
Je continuais à fréquenter Fred en France et nous nous équipions progressivement d'un home studio 8 pistes cassette, la perspective qu'offrait ce nombre de pistes me conduisit à envisager sérieusement d'enregistrer un album. Avant cela et grâce à l'aide de Fred qui m'avait initié à l'informatique musicale nous avions composé un titre qui marqua les charts comoriens, sur un ryhme ternaire de l'Océan Indien et une basse syncopée, nous avions placé un discours du feu président Abdallah, qui était un showman réputé dans l'archipel. Le tout ponctué du refrain "Petit à petit l'oiseau fait son nid".
Par ailleurs je travaillais sérieusement à mes chansons, pour lesquelles je finalisais l'enregistrement pendant l'été 92 : 10 titres dont la moitié remontait à "l'avant Comores". Je faisais presser 500 cassettes et l'œuvre fut mise sur le marché de mes connaissances et amis à la rentrée 92. Conscient de la diffusion limitée d'une autoproduction (sur cassette de surcroît), j'avais établi un plan de promotion à l'aide de Sœuf, un ami comorien, qui devint mon manager pendant quelques mois et me permit de décrocher quelques émissions de radio et des concerts de promotion. Je jouais avec Patrice à la guitare, Jeff à la batterie, François à la basse - respectivement un de mes anciens élèves, son meilleur copain et mon cousin. Mon album marqua tellement peu la musique des années 90 qu'il me reste encore quelques centaines de cassettes à ce jour (si ça intéresse quelqu'un...). Pas de regrets néanmoins, mes déboires professionnels de juin 93, m'obligèrent à tirer une révérence fuyante lorsque je quittais la France pour le Rwanda. Entre 90 et 93 j'avais continué à jouer avec Éric, Thierry et Jean-Luc et Fabrice sous le nom de Yo-Tri.
J'emportais avec moi au Rwanda, le minimum de matériel pour continuer à travailler : en plus d'un studio midi et d'une guitare, j'emportais une batterie électronique car j'avais la ferme d'intention d'apprendre cet instrument. J'y travaillais sérieusement pendant mon séjour de six mois à Kigali, je travaillais également la lecture et l'harmonie. Le couvre-feu quasi-permanent m'aida beaucoup à faire de ce séjour une prériode musicale active. Je rencontrais des musiciens rwandais et zaïrois, j'en profitais pour regarder de plus près les techniques de guitares zaïroises.
Plus qu'après les Comores, le retour en France fut difficile, vues les circonstances décrites plus haut mais car j'avais également laissé à Kigali mon matériel et mes meilleurs CD et K7. Je me sentais musicalement lobotomisé, car pensant retourner dès que possible au Rwanda, j'avais laissé toutes mes partitions, des textes, des fichiers midi de mes compositions, dont certaines ont été définitivement perdues. Musicalement je tirais un enseignement de mes déboires (qui évidemment n'étaient rien à côté de ce que vivaient les Rwandais chez eux) et décidais de m'équiper rapidement et légèrement. Boss venait de sortir une machine géniale qui faisait boîte à rythme, séquenceur, simulation HP pour guitare, accordeur, mémo d'accords... le tout ne faisait pas plus de 2 kg et sonnait terriblement pour l'époque. 8 ans après, je possède toujours cette machine et l'utilise encore pour composer.
Mon intérêt pour la guitare soukous (made in zaïre) me conduisit à rencontrer le maître du genre : Diblo Dibala dont j'avais l'intention de faire publier une interview et un article dans la presse guitaristique de l'époque. Visiblement l'exotisme des magazines en question n'allait pas plus loin que Carlos Santana et Bob Marley (c'est seulement en 2000 que je pus lire un article sur le sujet - signé Lokua Kanza) et mes papiers ne furent jamais publiés, néanmoins les curieux pourront y jeter un coup d'œil (voir lien ci-dessous).

Toujours un peu déprimé par mon retour en France, je désespérais de trouver un groupe où je pourrais jouer de la guitare, c'est pourquoi j'avais emprunté une trompette à Christophe et je prenais mon souffle pour commençer à étudier l'instrument. Ma stratégie était simple, la trompette permet de jouer dans les groupes de reggae et de rythm'n'blues et ces styles musicaux m'avaient toujours séduits depuis que j'avais vu Les Blues Brothers au cinéma et que la douceur des îles m'avait careressé les oreilles. Quelques leçons après mes premiers contacts avec l'embouchure, Bicko Tchéké, un congolais m'appelait pour me demander de remplacer un guitariste rythmique dans Tropical un groupe de soukouss de la banlieue nord. J'avais en effet laissé sans trop y croire une annonce dans des salles de répet parisiennes. Excellente expérience, Euloge le soliste, m'initia aux plans de ce style qui m'intriguait depuis près de 5 ans. A la fin 94, j'abandonnais le groupe et cédais ma place à Jérôme, ami des Comores qui avait participé à "Petit à petit l'oiseau fait son nid", pour me préparer à partir au Niger.
Arrivé au Niger, avec la ferme intention de faire de la musique et des fêtes, je fus d'abord un peu déçu par l'austérité du contexte en général. Le pays ayant une tradition musicale plutôt fermée, ma culture rock-chanson française ne m'aida pas beaucoup à pénétrer des styles que je ne connaissais que vaguement par Oumou Sangaré ou Ali Farka Touré (maliens pas nigériens vous me direz mais sahéliens tout de même). Après un an d'approche je faisais la connaissance d'Ali et Boubacar, repectivement trompettiste et percussionniste. Avec qui nous entamions une expérience musicale originale : l'utilisation de la grosse calebasse retournée pour jouer les rythmes américano-européens des reprises de Sting et d'Aswad que nous faisions à l'époque. Souley vint remplacer boubacar puis Pierre Duret nous rejoignait à la basse en 1997, Enfin Hans remplaça ce dernier à la fin de cette même année. Muni d'abord d'un répertoire de reprises (Nougaro, Higelin, Tripin Daisy, la Mano Negra, Jeff Beck, Big Soul, Gainsbourg...) Kadan-Kadan ajouta quelques unes de mes compositions et nous parvenions à faire une mini tournée des Centres Culturels Français du Niger fin 1998. Depuis cette date le groupe est quasiment en sommeil, mais il n'est pas dit qu'un réveil... Ma femme Ramlatou nous avait suivi dans nos interminables répet et concerts. Nous quittions le Niger en décembre 1998 en laissant Hans, Ali et Souley un peu sur leur faim et le départ à Madagascar en avril me faisait espérer plein de musique dans ce pays. Je partais avec ma folk mais c'était sans compter sur le traquenard qui nous attendait là-bas. Madagascar est un super-pays de musique malheureusement quand le boulot vous prend tout votre temps et votre énergie, on doit se résigner à n'être qu'un auditeur. En seize mois j'ai du jouer 5h....
Mon activité musicale restat en sommeil jusqu'en décembre 2000. Entre temps, nous avions quitté Madagascar, passé quelques mois en France pour qu'Anissa vienne au monde aussi confortablement que possible, et nous étions repartis à Niamey en octobre. En cette fin d'année 2000, je fouinais un peu dans tous les sens pour avoir des revenus en attendant que nos projets (boutique) commencent à nous rapporter quelques sous. Parmi ces petits boulots, je pus louer ma sono pour des animations avec DJ ou orchestres. Thierry, qui tentait d'animer un bar restaurant au bord du fleuve, nous avait fortement poussé à monter un groupe pour animer l'endroit. Belkacem à la batterie, David à la basse, Cyril, Bertrand et Hans à la guitare, Fred et William à l'harmonica, Ali à la flûte et Souley à l'ambiance, j'assurai pour ma part la guitare et le chant. Bardé d'une bonne trentaine de reprises de rock et jazz principalement, ce furent de bonnes soirées musicales à "l'Hypopotame Bleu" jusqu'en juin 2001 et une fête de la musique mémorable au Wakati. Malheureusement la dynamique s'est brisée avec le départ de Belkacem pour le Sénégal. Nous avons bien tenté de continuer à l'aide de Souley à la calebasse comme dans Kadan-Kadan, mais l'impact de la batteuse (comme dirait Pierre) faisait défaut. C'est toujours avec ce groupe que nous avons préparé la promotion de l'album de Souley, nous avons complété le staf avec Harry Jones au clavier et Bloké à la batterie. Une section cuivre s'est formée avec Ali qui a repris la trompette et Bruno au trombone. Le concert de promotion a eu lieu au CCFN, mais la formation de ce groupe a surtout débouché sur une série d'animations principalement au restaurant l'Exotic. L'arrivé de Lia, une chanteuse indonésienne qui nous avait sollicité en août 2002 pour l'accompagner lors de son mariage, a été déterminante et nous avons assuré l'ambiance dans des soirées mémorables entre fin 2002 et fin 2003. Les départs de David (Basse > Sénégal) et de Bruno (Trombonne > France - que nous ne remercierons jamais assez pour avoir accueilli les répétitions à partir de la fin de l'année 2002) met fin à Kadan Kadan dans cette version du groupe. Néanmoins à la fin de 2003, l'arrivée de Michel (un batteur français venant des Comores) et la participation de Haro (bassiste de Mamar Kassey) va relancer le groupe pour quelques mois. Malheureusement mes activités débordantes et la grossesse de Lia vont ralentir l'activité du groupe jusqu'en en mai 2005.
Côté enregistrement, j'ai pu pendant cette période me remettre aux publicités audio, quelques travaux de prise de son et de montage pour une journaliste-radio allemande et des applications multimédia. J'ai commencé à produire des chansons de rap (style musical très actif à Niamey). Dans ce registre, j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler sur le second album de DiezzD "Rapneumopatie atypique". Le "démantellement" de mon studio qui attend encore de pouvoir renaître sous la scène de Masaki, d'une part et la programmation hebdomadaire de groupes à Masaki me conduisent d'une part à délaisser l'enregistrement multipiste et d'autre part à sonoriser beaucoup d'orchestres. Résultat je joue beaucoup depuis 1 an principalement dans 2 groupes qui ont chacun jusqu'à une cinquantaine de titres au répertoire, par ailleurs j'enregistre de temps à autre mais en live sur Minidisc en sortie de console. L'expérience Gilgiza avec DiezzD, malheureusement avortée, a débouché sur Kémi Bizness où je me remets à chanter. D'un autre côté l'évolution rock blues de Kadan Kadan avec le remplacement de Lia par Manu (un belge avec une bonne voix bien grasse) a conduit à Combo Quilombo et à me mettre à la basse pendant un an et demi, expérience très formatrice. Le départ de Pascal (fondateur et guitariste de Combo Quilombo) pour la France me conduit cette fois à reprendre la guitare et à me mettre sérieusement travailler les solos.

22 juillet 2008
J'ai mis en route un multipiste numérique depuis quelques mois ce qui m'a permis d'enregistrer une bonne quarantaine de titres, dont la moitié pour mes groupes (Combo Quilombo, Kémi Bizness et Waggy). Je prends plaisir à soigner les prises mais je me heurte à la prise de tête du mixage que je compte déléguer en attendant de mieux le maîtriser. Une perspective stimulante vient relancer mon envie de jouer : c'est le retour de Bruno Makossa (Alias Commandant Tardy) que je compte solliciter dans Kémi Bizness pour assurer les mélodies instrumentales qui manquent tant de soutien harmonique dans un trio guitare basse batterie. J'ai bouclé une liste de composition dans l'optique de la préparation d'un album dont j'envisage la sortie fin 2008. Bruno Makossa ne vient pas seul : ses enfants sont tous plus ou moins musiciens et j'envisage de former un groupe junior avec nos enfants.

 

haut de page Mes guitares

Vous trouverez ci-dessous mes guitares. Je ne possède actuellement que celles qui sont encadrées. J'ai éparpillées les autres (les non encadrées) en les vendant en France à des proches ou des inconnus, j'en ai même "éparpillé" aux Comores, au Rwanda et une au Niger. Pour la petite histoire, j'ai remis la main sur la Télécaster standard jaune pâle début 2007 après avoir cessé de jouer avec pendant près de 14 ans : un grand plaisir de retrouver le toucher de ce manche palissandre et le claquant tellement rock du micro aigu ainsi que le son qui fait "u" dans le milieu du manche sur le micro grave.

1982 Harmony folk (offerte par mon père) 1983 Eagle Stracoster 1985 Aria Pro II copie stratocaster 1988 Ibanez roadster bass
1990 Ovation Celebrity 1986 Ibanez demi caisse 1991 Fender Telecaster US
1992 Hohner stick 1995 Fender Stratocaster Mexico 1996 Fender Stratocaster US 2002 Epiphone SG (offerte par Ramlatou) 2003 Washburn XS4 Bass